Quand les agents sont payés en bons d’achat !

2020. Contrée reculée de Nouvelle Aquitaine, quelque part sur un coteau ensoleillé, ou bien à l’ombre des chênes truffiers, entre Atlantique et Massif-Central, entre Pyrénées et seuil du Poitou.

L’accent chantant des maires du Sud-Ouest, si plein de charme soit-il, cache souvent les pires ignominies, les pires calembredaines. Oui mesdames, oui messieurs. Il existe dans nos charmantes contrées des élus locaux qui rémunèrent leurs agents… en bon d’achat de chez « Monsieur Leclerc » !

Oui. Vous avez bien entendu. Rémunérés en bons d’achats de chez « Monsieur Leclerc ».

Oh, pas toute la rémunération quand même ! N’exagérons point. Juste quelques éléments de rémunération par-ci, par là… Le RIFSEEP par exemple, juste obligatoire depuis 2016, qui représente cependant l’acquisition de quelques truffes dans une petite épicerie fine d’une quelconque cité périgourdine, ou quelques gâteaux bien crémeux de Bayonne. Et comme, bien évidemment ces bons de chez « Monsieur Leclerc » sont tellement attendus comme autant d’oranges dans les souliers à la Noël venue que ces petits maires se croient grands seigneurs en les distribuant selon les mérites et qualités de nos chers agents municipaux.

Croyons cependant que cette histoire, qui nous l’espérons vous a fait autant sourire que nous avons ri jaune, en l’oyant de notre oreille affûtée de syndicalistes – mais jamais habituée – puisse à jamais figurer, un jour, dans un livre de contes.